Microbagchallenge

Un petit article plus tard que prévu car j’attendais d’avoir terminé ma participation au challenge, lancé sur Instagram par Peter Nitz et son assistant, Julien Danel, pour en parler ici. En effet, ces 2 maroquiniers haut de gamme ont lancé le défi de faire un mini sac, de maximum 5 cm de large. D’où leur est venue l’idée ? Ils ont eux-même lancé une collection de la réplique miniature de leur Dream Bag, et le but du challenge est de gagner une de ces miniatures.

Dream Bag and micro Dream Bag by Peter Nitz

J’adore ce que fait Peter Nitz et avoir une de ses oeuvres est un rêve. Mais je n’ai pas participé à ce challenge dans le seul but de gagner (si quand même un peu 😁). Même si je déborde d’idées et que je manque de temps pour faire tout ce qui me passe par la tête, j’ai parfois besoin d’un coup de boost, et ce challenge tombait très bien. Je lance enfin mon premier sac pour cet été, mais le confinement m’a freiné dans mon élan, et je manquais de quelques pièces pour produire et présenter le sac comme il se doit. Freinée dans mon élan m’a un peu démoralisée et démotivée. Mais ce petit challenge m’a donné un bon coup de pied et remise dans les starting block. En plus j’ai reçu les pièces qu’il me manquait donc je peux continuer.

Non seulement j’ai été reboostée, mais j’ai eu la tête bien farcie pour créer ce microbag, à la limite de la migraine. Vraiment😫. C’était hyper fun à faire mais le cerveau a bien fumé. Déjà, je suis une personne en mode diesel, c’est à dire que je mets un temps fou à réagir, à me décider, et quand ma décision est prise, je me retrouve à devoir me dépêcher pour être dans les temps puisque j’ai pris du retard à être en accord avec moi-même. Là, j’ai décidé du micro sac à faire : la réplique du sac que je suis en train de faire, tout simplement. Ensuite, je suis peut-être perfectionniste, ou alors j’aime trop respecter les procédures, mais il me faut faire les choses correctement, et pour cela, du moins en maroquinerie, j’ai dû préparer un micro gabarit puis bien sûr le tester. J’ai d’abord essayé avec du papier, et là je me suis rendue compte que les dimensions n’allaient pas, c’était légèrement trop grand. J’avais voulu rester proportionnelle au sac de taille normale, mais ça ne collait pas. J’ai refait un gabarit, retesté avec du papier, et là, ouais, c’était bon 🎉. Je ne vous cache pas que pendant cette phase, j’ai hésité à vraiment participer à ce challenge car je me suis rendue compte à quel point ça allait être plus difficile que je ne le pensais.

Finalement, j’ai annoncé ma participation le soir du samedi 23 en story d’instagram, en me disant, « maintenant, tu ne peux plus te défiler, fonce » … la date butoir étant hier, le mardi 26, j’avais quand même du pain sur la planche. J’ai commencé le prototype, où j’ai testé plein de petites choses qui peuvent paraître anodines, mais qui ont leurs importances surtout qu’il m’a fallu composer avec mes petits moyens et matériels :

  • quelle longueur de point choisir? Longue et donc moins de points, ou plus courte mais pleins de petits points? Pour cela, je n’ai qu’une paire de griffes à frapper, les n°9 de Vergez Blanchard, soit une taille de points moyenne (environ 4 points sur 1 cm). J’ai donc ressorti ma roulette pour marquer les points, et j’ai testé la griffe n°7, très fine (environ 5 points au cm) mais je n’ai pas de fil de lin assez fin pour avoir un beau rendu. C’était donc moche. J’ai testé le long point avec la griffe n°12 (2 points et demi au cm). Ca aurait pu être sympa si ma couture à l’alêne était régulière. Devant c’était pas mal, mais l’arrière de la couture kkbeurk 😒. J’ai donc donc repris les griffes à frapper.
  • doubler l’intérieur ? Si oui, doubler avec du cuir ou du tissu ? Donc oui pour la doublure, pour le cuir, je n’ai pas de refendeuse, il me fallait donc un cuir déjà affiné. J’en avais un couleur framboise, ça allait avec les 2 cuirs choisis… mais il était un poil abîmé, avec un aspect plastique qui me plaisait moyen.
  • tester la couture des côtés pour faire ressortir les bords francs, ou rester sur la couture piquée retournée du modèle de base ? Vue le temps déjà perdu, et aussi la finesse du cuir définitif, autant rester sur le piqué retourné, caché par la doublure à l’intérieur, pas de teinture de tranche à appliquer, poncer , laisser sécher etc. C’est aussi ce qui m’a décidé à prendre ma doublure tissu.
  • et pour finir : mettre une poche comme sur le modèle d’origine ? Une poche extérieure ou intérieure ? J’ai mal calculé l’ouverture de la poche intérieure, la couture était donc périlleuse, avec un résultat des plus moches, je suis donc partie sur la poche extérieure, sans contour de l’ouverture, et aussi sans zip. Je n’avais la fermeture qui convenait, ca aurait été trop grossier

Lundi, j’ai présenté le prototype (le micro sac rose), toujours en story d’instagram. C’était moche à souhait, et j’ai bien rigolé toute seule car je n’ai pas dit qu’il s’agissait du prototype, j’ai juste présenté ca comme ma participation au challenge 🤣 je n’ai évidemment pas eu beaucoup de like, mais ça m’a bien détendue. Parallèlement, j’avais commencé à travailler sur le sac définitif, et je l’ai terminé pile poil mardi après-midi pour le présenter au challenge.

Le grand prototype avec ses mini répliques

Rien que de retracer cette belle aventure, je ressent tout plein d’émotions ; ce challenge ne m’a pas épuisée mais il m’a mobilisée la tête comme le corps. Mais franchement, j’ai adoré ces 3 jours intenses. C’était du boulot, beaucoup de réflexion, mais je n’ai jamais eu l’impression de travailler. Il y a bien eu des moments de doutes, mais dans l’ensemble, je me suis bien amusée. Et il m’a donné des idées de mini collections, donc c’est loin d’être terminé.

Les cuirs

Hello, hello 👋 un petit retard dans la publication hebdo, j’avais mal fait la programmation. Désolée 😊

Comme le titre l’indique, je vais vous parler des différents cuirs qu’il existe. Je me suis dit qu’expliquer les étapes de confection en maroquinerie c’était bien, mais il faudrait aussi parler de l’essence même de la maroquinerie, la matière première qu’est le cuir.

Je vais vous faire une courte présentation sur le cuir, aussi si vous voulez en savoir plus, je vous invite à consulter les sites très complets du CTC ou MyCTC, organisme de services public, axé sur toute la technique en rapport avec le cuir, et le CNC, Conseil National du Cuir, qui regroupe toute l’actualité et les informations professionnelles liées au cuir. Vous trouverez de la documentation à disposition sur le site, ou à acheter, des annonces d’emplois, des présentations de métiers, des explications techniques sur des procédés liés au cuir, des innovations etc.

Pour commencer, une définition, tirée du site du Conseil National du Cuir, ou CNC : « Produit transformé d’une peau animale au moyen d’un tannage ou d’une imprégnation conservant la structure naturelle des fibres de la peau et ayant conservé tout ou partie de sa fleur ».

Autrement dit, tout autre produit issu de la pétrochimie, de fibres textiles ou de végétaux ne peut comporter le mot « cuir » dans son appellation. Attention, je ne vais pas rentrer ici dans les polémiques vegan, peaux exotiques, matières issues du pétrole etc. Je voulais juste recadrer le propos sur le cuir. D’ailleurs, vous pouvez lire une page complète sur la réglementation concernant l’utilisation du mot « cuir », les cuirs exotiques et l’environnement.

D’où vient le cuir ? Au départ, l’animal est élevé pour son lait, et pour sa viande. La peau n’aurait été qu’un déchet si elle n’avait pas été reprise à des fins vestimentaires, décoratives, d’ameublement etc. L’industrie alimentaire et l’industrie du cuir se sont donc alliées afin d’éviter de gâcher. La peau va donc passer du site d’abattage, aux tanneurs, en passant par la phase du tri par les négociants, pour être transformée en cuir.

Les tanneurs vont utiliser différentes substances, selon le résultat voulu. Ces substances vont permettre à la peau de ne plus se dessécher et de devenir imputrescible. Les plus connues sont le tannage chimique ou au chrome, et le tannage végétal. Le tannage au chrome, majoritairement utilisé dans le monde, est un des plus rapides. Il va donner un cuir résistant aux déchirures et aux températures élevées, et surtout souple, contrairement au tannage végétal, méthode la plus ancienne. Le cuir sera en effet plus ferme, mais sensible aux rayons de soleil. Les différents végétaux, écorces d’arbres, de feuilles ou de racines, utilisés en concentrations diverses donnent des tanins aux propriétés diverses, et donc des effets différents sur le cuir. Il existe bien sûr d’autres types de tannages, comme le tannage à l’huile, à la fumée ou minéral.

Le tannage est constitué de différentes étapes encore, avant de finir par la teinture, l’impression du grain si on veut donner un aspect artificiel ou décorer le cuir, et avant de finir dans les lieux de vente. Cette page du Conseil Nationale du Cuir illustre et explique toutes les étapes si vous voulez.

Quels animaux fournissent le cuir ? Tous les animaux peuvent être utilisés dans l’industrie du cuir, certains pour leur peau entières, d’autres pour une partie précise de leur corp (par exemple sur certaines volailles on utilisera que la peau des pattes) . Voici une ébauche de liste, non exhaustive de la provenance du cuir :

  • Les bovins : vaches, buffles, boeufs, veau …
  • Les caprins et ovins : chèvres, moutons, chamois…
  • Les équidés : chevaux, lama, …
  • Les cervidés : cerfs, chevreuils, daims …
  • Les porçins : porc…
  • Les poissons : requin, raie …
  • Les reptiles : crocodiles, alligators, lézard, python
  • Les oiseaux : l’autruche …

Poissons, reptiles, oiseaux, kangourous, éléphants etc font partie des familles de peaux exotiques ; pour éviter les abus en tous genres et la disparition des espèces, la convention de Washington, dans les année 1970 a réglementé la chasse, voire l’a interdit sur certains animaux, et encadré les élevages. Le Cites a permit le traçage de chaque peaux, et encadré le prélèvements d’œufs d’animaux protégés dans la nature.

Quelle partie du cuir utiliser ? Mise à part les considérations de taille, prix et aspect, on choisira une peau en fonction de l’article qu’on fabriquera et donc de l’usage de cet article. Par exemple, le cuir de chèvre est très prisé pour les doublures, surtout en petite maroquinerie (porte-cartes, portefeuilles …) pour sa tenue, ou le buffle en sellerie pour sa solidité. Ensuite, on utilisera une partie bien précise sur la peau, celle où il n’y aura pas, ou peu, de défaut visible ni palpable pour commencer, puis, toujours en fonction de l’usage de l’article fabriqué, on choisira une partie du cuir en fonction de son prêtant (l’élasticité du cuir à certains endroits), de sa souplesse, de sa finesse. En général, on coupera dans le cœur (au centre, la meilleure partie de la peau) et le croupon. Ce sont les parties qui correspondent au dos et fesses de l’animal, celles qui ont subi le moins de mouvements, contrairement au collet, le cou de l’animal qui en toute logique aura subi les mouvements de la tête et sera donc plissé, ridé. Les flancs, le ventre, seront plus souples et auront beaucoup de prêtant par rapport au croupon, et seront moins utilisées.

On peut minimiser les pertes de cuir en utilisant quand même les flancs pour des parties qui auront besoin de souplesse, comme un soufflet de poche, mais à éviter pour un fond de sac. On peut utiliser la partie ridée du collet sur une partie non visible de l’article. Avec un peu de réflexion on peut perdre le moins possible de notre matière car celle ci s’avère déjà pas donnée. Tithouan de Point-Sellier a fait un excellent article au sujet des parties du cuir.

Les différentes dénominations du cuir : lorsque vous achetez un article en cuir, pour prouver la qualité, le vendeur ou la description vous dira qu’il s’agit d’un cuir pleine fleur, ou du cuir véritable 🙄. Pour commencer « cuir véritable » ne veut rien dire. C’est soit du cuir, soit ca ne l’est pas. Le cuir pleine fleur est un cuir qui aura conservé sa fleur d’origine avec son grain naturel. A l’inverse, on pourra parler d’un cuir corrigé pour un cuir dont le tanneur aura poncé la fleur pour en effacer les défauts. Vous entendez aussi parler de croûte de cuir : c’est la partie inférieure de la peau, côté chair, moins résistant et moins souple que le cuir pleine fleur.

Source : CTC

On va terminer par la finition Velours, avec le Nubuck, le Suede et le Daim. Le Nubuck est en fait un cuir pleine fleur légèrement poncé. Il reste d’excellente qualité mais est quand même à ménager. Le Suède ou le Daim sont les anciennes appellations de la finition velours, et contrairement à leurs noms, ne viennent pas du pays, ou de l’animal qui est une espèce protégée. C’est en fait la face intérieure d’une peau de bovin qui aura été poncée. De sa provenance, la qualité est moindre que le nubuck mais aussi moins chère.

Photo de Godisable Jacob sur Pexels.com

Comment je me place vis à vis du cuir ? Si cela ne tenait qu’à moi, ou à ma consommation de viande, l’industrie du cuir ferait faillite. Je ne suis pas une grosse mangeuse de viande, j’en consomme seulement par nécessité par rapport à ma santé (qu’on ne me parle pas d’apport de protéines végétales, j’en abuse déjà ; mon soucis est ailleurs). J’adore les animaux, ma boule de poils me le rend bien, alors j’ai bien eu une grosse réflexion au sujet de l’emploi de peaux animales pour mon métier. Je me suis documentée, en plus des cours que j’ai eu, et j’en suis arrivée à une conclusion que je vous expose.

L’industrie du cuir fait face à des difficultés d’approvisionnement, « La matière première est insuffisante pour faire face à la demande des grandes entreprises du luxe. En 25 ans, le nombre de peaux utilisées a été quasiment divisé par deux » dit dans l’article. Il est donc évident qu’à mon niveau de maroquinière indépendante dans mon coin, je vais aussi rencontrer des difficultés d’approvisionnement en cuir à un moment. Et pourtant, lorsque je me suis rendue au salon Première Vision, je n’ai pas eu cette impression, au contraire. Mes seules difficultés ont été de trouver un fournisseur qui veuille bien me vendre des peaux à l’unité et pas en quantités astronomiques.

Mes porte-badges d’identification professionnelle, produits à la demande 😉

D’un autre côté, par le biais de ma formation, j’ai pu acheter chez la Réserve des Arts, ensuite, j’ai fureté du côté de La Trouvaille, et à Première Vision j’ai fait la connaissance de Virginie Ducatillon d’Adapta. Ces 3 enseignes revalorisent les stocks de cuir dormants des grandes maisons, ou même des chutes chez la Réserve. Alors ma réflexion m’a fait dire que j’allais plutôt privilégier ces sources du cuir plutôt que d’en acheter du neuf. Je me dis que les animaux sont morts pour nous humains et que la moindre des choses est de les honorer en ne jetant pas ces peaux dormantes dans un coin, en leur donnant une nouvelle vie.

Pourquoi ne pas aller vers les alternatives du cuir ? J’utilise déjà beaucoup le tissu, et je teste le liege, j’ai juste du mal avec son aspect naturel. C’est quand même une bonne alternative au cuir. Il y a aussi les matières issues de fruits, mais pour l’instant j’en suis déçue car elles ne sont pas encore totalement exemptes de la pétrochimie. Donc niveau environnemental, et aussi bien-être si c’est en contact avec la peau par exemple, ce n’est pas ce qu’il y a de plus « top ». Donc en attendant une bonne alternative au cuir, qui réunit tous les critères éthiques et environnementaux, je préfère écouler les stocks dormants des grandes maisons, faire du upcycling 😊

La maroquinerie, ça prend du temps 4/4

Ca y est, j’arrive à la fin de mes présentations des étapes de la maroquinerie. On en est aux phases où l’article prend forme, où on fignole les détails et la finition. Enfin, restons optimistes parce que chaque étape s’est bien passée et le résultat dépasse nos espérances (soyons également ultra positifs 😂), on pourra admirer notre oeuvre.

Les différents montages

La préparation du cuir, et plus précisément des pièces qui constituent notre article est terminée. On va donc pouvoir les assembler pour mettre en forme l’article que nous fabriquons. Lorsqu’on a fait notre premier dessin, on a pensé à une forme, à l’aspect, au volume, aux finitions, et on a aussi procédé à l’analyse fonctionnelle et technique de l’article. On a fait le gabarit en fonction de tout cela. On a donc pensé au type de montage à effectuer pour mettre en forme notre article. Je vais simplifier au maximum cette partie car pour chaque grande famille de montage, il y a plusieurs sous-familles si je peux les nommer ainsi.

Les montages rognés

On l’a vu dans mon précédent article, la finition rognée est une finition aux bords francs, qu’on termine avec une teinture ou de la gomme arabique, voire pas du tout pour certains maroquiniers. C’est après tout une question de goût et de choix de gamme de produit.

Quelques exemples avec ce montage, des sacs que j’ai fait ou des sacs célèbres :

  1. De gauche à droite, sac montage Cavour. Il s’agit d’une bande de cuir faisant office de côtés et de fond du sac, en une seule pièce.
  2. Sac montage Mexicain. Un fond et 2 soufflets pour les côtés. Ce montage particulier se reconnaît car il a la forme d’un H sur la base.
  3. Sac montage Gousset avec le sac Kelly d’Hermès. Le gousset est le côté du sac, il déterminera l’épaisseur et la profondeur du sac, alors que le devant, le dos et le fond constituent une seule pièce.
  4. La ceinture, ici de chez Hermès, est l’illustration du montage A Plat. On l’utilise aussi pour les bandoulières. Tout simplement les 2 pièces de cuir sont collées bord à bord et à plat.

Les montages rembordés

Pour rappel vers mon article précédent, le rembord est une finition où le cuir se replie sur lui-même ou une autre pièce de cuir. Un peu comme un biais en couture.

Quelques exemples :

De gauche à droite

  1. L’intérieur d’un sac au montage Allemand et Contrecollé, avec les tranches de chaques parties rembordées et montées bord à bord. Ce montage Allemand est prévu pour être piqué à la machine car par le volume qu’il donne, il permet de passer aisément à la machine à coudre.
  2. Un sac cabas dont le bord supérieur est monté en Bordure Anglaise. La bordure est rembordée sur elle-même avant d’être rabattue et surpiquée. La différence avec le montage Bordure Italienne est que la surpiqûre sera sur la bordure et non au ras.
  3. Le montage Rembord simple : ici, sur le portefeuille, les bords sont repliés sur le côté et le haut de la pièce principale.
  4. Le montage Piqué Retourné : les pièces sont posées fleur contre fleur et piquées côté chair. C’est comme quand en couture, on pose le tissu endroit contre endroit, on coud sur l’envers, puis on retourne sur l’endroit.

On peut bien évidemment mixer ces différents montages sur un article. Comme dit plus haut, tout ceci sera déterminé au moment de faire le dessin et le gabarit, tout comme on déterminera quelles options mettre, selon l’usage qu’on fera de l’article. Mettre ou pas des poches à l’intérieur ou à l’extérieur, cette poche sera plate, à soufflet, à glissière? Le système de fermeture : à glissière, à rabat, avec un aimant, etc ? On mettra une bandoulière fixe ou amovible, réglable ou pas, ou alors des poignées ou des brides?

Le bichonnage

Photo de Andrea Piacquadio sur Pexels.com

Notre pièce est entièrement montée, on l’a presque terminée. Il faut passer à l’ultime étape, la bichonner. Ca consiste tout simplement à nettoyer la pièce, la retoucher s’il le faut. C’est le contrôle final de l’article réalisé.

Pour nettoyer une pièce de cuir avant de le vendre, on utilisera au choix :

  • le cirage pour faire briller, impermeabiliser, restaurer
  • le savon pour cuir, un savon glycériné pour retirer les tâches
  • la peinture pour cuir, pour rectifier les défauts ou décorer
  • la teinture pour cuir, la même qu’on utilise pour les tranches, pour rectifier quelques anomalies
  • le détachant pour tissu pour les doublures en tissu

Attention de bien tester sur une chute avant utilisation définitive. Et penser aussi à nos mains, certains produits nécessitent de mettre des gants pour se protéger, un tablier ou une surblouse pour ne pas salir ses vêtements.

On terminera enfin par passer un chiffon doux, non pelucheux et voilà, notre article est terminé 👌 prêt à être exhibé ou mis en vente.

J’espère que cette série d’article sur les étapes de la maroquinerie vous a plu. Pour les connaisseurs, les pros de la maroquinerie, je ne suis sûrement pas assez rentrée dans les détails, mais je voulais m’adresser à un large public, expliquer pourquoi on ne peut pas s’attendre à avoir un sac sur mesure du jour au lendemain et aussi pourquoi le coût s’en ressentira, sans faire peur. Je suis tombée dans la maroquinerie par mon engouement pour les sacs, et plus j’en apprends, plus j’adore. Et plus je suis patiente aussi. Car après tout, il s’agit d’un travail de patience et minutie. Une phrase que je me répète sans cesse et que j’applique désormais dans beaucoup de domaines : c’est en pratiquant que l’on apprend.

A la semaine prochaine 🤩

La Maroquinerie, ça prend du temps 3/4

Une dizaine de minutes de lecture

Me revoici, et comme dit la semaine dernière, aujourd’hui je vais aborder la refente, le parage puis l’astiquage. 2 actions pour préparer le cuir après l’avoir coupé, et 1 pour la finition. Ces étapes ne sont pas obligatoires, mais pour un fini haut de gamme, nécessaire.

La refente

Cela consiste à désépaissir une pièce de cuir sur toute sa surface. La refente permet soit de donner plus de souplesse au cuir, soit à réduire son épaisseur. En général, on utilise une machine, une refendeuse. On cherche à diminuer l’épaisseur du cuir de façon uniforme, on comprendra donc qu’une refente manuelle ne sera pas aussi égale. Il existe bien sûr des refendeuses manuelles, mais la zone de passage du cuir étant petite, elles servent plutôt à refendre des lanières ou des bandes. Pour des plus grandes pièces, on va donc se tourner vers la refendeuse industrielle. C’est une machine imposante et onéreuse, on en voit donc plus souvent dans les grandes entreprises, ou alors dans des ateliers d’utilisation de machines en location. Que ca soit manuel ou industriel, il convient de régler la machine de façon à obtenir l’épaisseur de cuir désirée. Il faut donc garder des chutes du cuir choisi pour faire des essais avant de passer notre pièce définitive dans la refendeuse.

Refendeuse Manuelle
Refendeuse Electronique

Je ne vais pas rentrer dans les détails techniques d’utilisation de ces machines. Il faut juste comprendre qu’on va régler l’épaisseur de refente voulue, et en vérifier le résultat avec une pige undefined. Il faut également penser à régler le système d’affûtage sur la machine électronique, ou alors faire affuter la lame, ou la changer, sur la refendeuse manuelle. Pour voir l’utilisation de ces machines, je vous propose la vidéo de Tandy Leather pour la refendeuse manuelle, et celle d’Eric Deneken pour la refendeuse electronique. Cette dernière vidéo est d’ailleurs très bien détaillée sur la refente du cuir.

Le Parage

Parfois aussi appelé parure, il s’agit d’amincir une partie du cuir, en général ses bords. Encore une fois, cette exécution doit être régulière, le résultat doit être uniforme. Le parage sert à diminuer l’épaisseur de différentes pièces qui seront prises ensemble dans la tranche, affiner en vue de réaliser un rembord (j’explique cela plus bas), créer une gorge pour plier une pièce, etc. 2 techniques pour cette opération : à la main, ou à la machine.

La parage à la main

Le parage se faisait à la main avant l’arrivée des machines, et aujourd’hui, on l’utilise encore pour les pièces délicates ou les endroits inaccessibles à la machine. C’est donc une technique encore utile à apprendre et à maîtriser. On peut utiliser plusieurs outils pour cela : le couteau à parer, le couteau à pied que je vous ai présenté dans l’article précédent, ou la rainette.

Le couteau à parer

undefinedC’est l’outil le plus connu et utilisé en maroquinerie. On tient le couteau dans le creux de la main, la pièce à parer dans l’autre main, sur une pierre, et d’un mouvement de gauche à droite, on fend la matière de la largeur voulue, puis on repasse le couteau dans l’autre sens afin d’entamer le cuir sur la largeur définie et sur toute l’épaisseur (sens pour un droitier). Le geste doit être fait de façon à n’avoir qu’une seule chute pour avoir un beau résultat. Aussi l’affûtage du couteau est nécessaire pour avoir un mouvement fluide et efficace. Cette vidéo d’Eprose sera plus parlante je pense 😊

Le couteau à pied

On ne l’utilise pas pour parer en maroquinerie. Il l’est par contre en sellerie bourrellerie car cet outil est plus adapté aux cuirs très épais utilisés dans cette discipline.

La rainette

undefinedCet outil va servir à faire des parages dits « en creux » ou « en gorge ». Ceci pour permettre de plier en angle le cuir à l’endroit du creux ou d’y encastrer une couture.

Le Parage à la machine

Les machines à parer vont nous permettre d’exécuter tout ce que j’ai décris dans le paragraphe précédent, mais avec rapidité et précision. Comme pour la refendeuse, il conviendra de régler la machine en fonction de l’épaisseur de parage à exécuter mais aussi du type de parage voulu. On utilisera aussi le pied adéquat. En fait, l’utilisation de la machine à parer est un peu comme pour la machine à coudre : on appuie sur une pédale pour actionner la machine et parer le cuir. On met des pieds presseurs différents en fonction du parage souhaité. Mais la similitude s’arrête là car le mouvement et le résultats ne sont bien évidemment pas les mêmes.

Je vous propose de regarder la vidéo de Leathercraft Academy afin de mieux comprendre l’utilisation de la machine à parer. Il y a différentes réalisations de parage possibles, selon la finition désirée. Je vais m’attarder sur les 2 qu’on utilise le plus .

La parage en biseau, ou en pince

C’est la parage montré dans la vidéo d’Eprose plus haut. Comme son nom l’indique, la tranche de cuir est amincie en biseau. Cela permettra d’assembler plusieurs pièces de façon uniforme et avoir un résultat harmonieux, plus fin. Par exemple, lorsqu’on va mettre une doublure en cuir sur un sac, on va parer les tranches des côtés du sac à assembler afin que les 2 épaisseurs de cuir plus les 2 doublures ne soient pas trop grossières. On essaiera d’avoir un assemblage fin.

La parage en rembord

Il sert à amincir le cuir de façon à pouvoir le replier sur lui même ou sur une autre pièce, de façon à réaliser un rembord.

sur ce portefeuille, les tranches sont rembordées : elles sont repliées sur elles-mêmes puis cousues

Donc on va préparer le cuir en fonction de la finition qu’on aura décidé sur notre article. Je viens de montrer la finition rembordée, mais il existe aussi la finition rognée.

Le Rogné

Cette finition nous vient de la sellerie maroquinerie : les bords francs sont finis à la teinture. Deux pièces sont montées bord à bord et cousues, les tranches ont les fibres du cuir apparentes. On va les recouvrir de teinture, de cire d’abeille ou de gomme arabique. C’est l’étape de l’astiquage.

L’Astiquage à la gomme arabique

Elle va laisser apparaître les épaisseurs de cuir tout en les couvrant d’une couche uniforme. La gomme arabique est une substance visqueuse qui sort des troncs de certains Acacias. On peut la teinter avec des pigments pour assortir au cuir. On va l’étaler sur la tranche à recouvrir, puis frotter d’un chiffon pour lisser.

L’Astiquage à la teinture

C’est un des aspects du luxe en maroquinerie. On va commencer par poncer la tranche, passer le filet double , teinter, laisser sécher, plaquer la teinture au filet simple, puis poncer à nouveau, passer une nouvelle couche de teinture, plaquer au filet simple à nouveau, etc. On répétera ces étapes autant de fois que nécessaire pour avoir une tranche lisse, ronde et bien teintée, et surtout durable. L’ordre des étapes peut différer d’un maroquinier à un autre, ou selon le résultat souhaité. Une vidéo de Cuir Textile Créa vous montre le procédé. Pour ma part, c’est une étape assez longue à maîtriser mais essentielle pour terminer son article comme il se doit. Une belle teinture de tranche souligne son article. On peut assortir la couleur ou carrément trancher avec le cuir de son article, par exemple en l’assortissant avec le fil de couture apparent. undefined Franchement, quand on sait cela, on ne regarde plus les finitions de sacs ou de ceintures de la même façon.

On arrive à la fin de cet article. Il nous manque plus qu’à voir les différents montages qu’on peut effectuer, et j’en aurai terminé avec les étapes principales de la maroquinerie. J’essaie de simplifier au maximum et j’espère que les petites parties techniques ne vous ont pas rebuté. La semaine prochaine, les montages devraient vous plaire 😉

La Maroquinerie, ça prend du temps 2/4

Moins de 15 mn de lecture

Notre situation est étrange actuellement, et je me suis demandée si ça valait le coup de continuer à vous parler de maroquinerie et autres sujets qui peuvent paraître bien futiles aujourd’hui. En plus, je me suis sentie un peu désoeuvrée, l’herbe coupée sous le pied, je ne savais plus trop par quoi continuer pendant ce premier mois de confinement

La réponse m’est arrivée par mon fils cette semaine. Je suis à la fois salariée et en micro-entreprise pour la maroquinerie. Mon activité salariée me permet d’être en télétravail actuellement. Un soir, j’avais officiellement terminé de travailler, mais je suis restée assise derrière mon bureau-salle à manger. Mon fils m’a demandé d’expliquer quelque chose à un de ses copains, sur son téléphone. Pendant que je m’exécutais, mon adolechiant a subtilisé mon portable, m’a filmé avec, et posté en story sur Instagram… Avec le commentaire « elle fait semblant de travailler ». Je n’ai rien vu. J’ai découvert cette story lorsque j’ai reçu les premiers commentaires, quasiment que des personnes « mdr »… J’ai voulu effacer la story, mais beaucoup m’ont dit « non, ça nous met de bonne humeur parmi ces tristes temps, et c’est fait avec amour ». Alors j’ai laissé. Et ce qui est aussi amusant, c’est une de mes stories qui m’aura valu le plus de réactions. 

Alors ça m’a décidé à continuer à poster mes petites explications de maroquinerie, parce qu’après tout, un peu de normalité ne fait pas de mal aujourd’hui.

Dans mon post précédent, j’expliquais le gabarit et le prototype. Aujourd’hui, je vais vous parler de la coupe du cuir. Ca peut paraitre anodin, mais une coupe mal exécutée donne un résultat médiocre à votre article car le montage ne sera pas parfait, et c’est difficilement rattrapable. Tout comme le gabarit, la coupe doit être précise. Plusieurs manière de l’exécuter :

  • A l’ancienne, manuelle, avec une pointe de coupe.
  • Pour des séries, avec des moules à frapper, ou à utiliser avec une presse
  • Avec les dernières technologies : avec la machine laser, ou avec les imprimantes Cricut ou Silhouette.

La coupe manuelle

Cette partie va être la plus longue, car c’est celle que je connais le mieux, et que j’utilise.

Comme son nom l’indique, on utilise sa main, prolongée d’un outil tranchant. On coupe le long du gabarit, ou du réglet, tout simplement. Tout en étant le plus précis, le plus adroit possible. Eviter les arrêts dans la coupe, pour avoir une coupe nette. Garder la lame perpendiculaire au réglet ou au gabarit pour ne pas avoir une coupe inclinée sur le cuir. Une ligne droite, on va dire que ça va. Mais lorsqu’on attaque les arrondis, on apprend à mobiliser tout le corps, et on comprend pourquoi il vaut mieux être debout devant son établi pour certaines tâches. Parce que le mieux, n’est pas de bouger l’objet qu’on coupe, mais plutôt de bouger uniquement sa main pour couper, et donc parfois on est obligé de prendre des poses inédites. Et chose essentielle : son outil tranchant doit être entretenu, la lame affûtée.

Les outils justement

  • l’Indispensable, une sorte de cutter qui s’affute (source : Vergez Blanchard)
  • Le cutter.
  • Le couteau à pied. On l’utilise plus en sellerie harnachement, mais en maroquinerie il est très utile pour les cuirs épais ou pour les surcoupes (partie de cuir à rogner après l’encollage et la couture, pour avoir la taille définitive de notre article) (source : Vergez Blanchard)
  • Les ciseaux, bien que moins précis que les précédents outils. Ceci dit, j’ai eu l’occasion de tester des ciseaux spéciaux pour le cuir à tannage végétal (assez dur à découper), et le résultat était vraiment pas mal.
  • le couteau mécanique, ou le coupe-bande undefined
  • le massicot, une table de coupe, comme pour le papier, mais là, pour couper les bandes de cuir.
  • le compas à rondelle undefined (source : Vergez Blanchard ) Cet outil ancien, est plus utilisé en bourrellerie. Il y a un article plus détaillé sur le site Objets d’hier .

Un petit aparté : je cite beaucoup Vergez Blanchard dans mes sources. C’est LA référence française depuis le XIXème siècle pour les outils du travail du cuir. Aujourd’hui il existe bien évidemment d’autres fabricants d’outils, mais pendant mon apprentissage, et lors de mes recherches, c’est la marque d’outils qui est le plus revenue, donc je l’ai utlisée.

Personnellement, je n’utilise que le cutter et le coupe-bande. J’ai appris à couper les différentes formes, y compris les longues bandoulières, avec le cutter, donc on va dire que tout est possible avec un seul outil. Mais il faut garder en tête qu’il est quand même essentiel de choisir l’outil adapté à l’épaisseur de matière à découper. Et pour finir sur ce chapitre, couper du cuir ouvre les sens : le toucher, l’odorat, et l’ouïe. Je vous assure, on est beaucoup à aimer le son que fait le cuir lorsqu’on le découpe mdr.

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La coupe mécanique

En usine, et même aussi pour un petit artisan, le temps est primordial. L’aide de machines diverses est donc bienvenue pour accélérer sa production et répondre à la demande.

Ces machines sont assez onéreuses, aussi, pour des artisans indépendants ou de petits ateliers, il est possible de se rendre dans des ateliers de location de machines afin de pouvoir travailler au mieux. En général, on loue du temps d’utilisation à l’heure, et le prix varie selon la machine utilisée car certaines peuvent demander un temps d’étalonnage, de préparation.

Plus haut, j’ai parlé du coupe-bande manuel, mais il existe aussi la machine à couper en bande, ou « diviseuse ». Elle sert pour la coupe de ceintures et bandoulières. undefined source photo Mister et Mrs Belt

Pour couper d’autres pièces de cuir , on peut utiliser une presse hydraulique. Il en existe de diverses tailles, selon les besoins et exigences des entreprises qui les utilisent, de la simple avec un bras tournant, à la plus évoluée, rapide, et/ou grande, avec un pont mobile. Ces presses s’utilisent avec des moules, ou plus exactement, des emporte-pièces.

undefined undefined (source photos : Hello Pro )

L’emporte-pièce est une reproduction du gabarit, placée sur le cuir. On le frappe au maillet, ou on appuie dessus avec la presse hydraulique. C’est comme les emporte-pièces de biscuits qu’on place sur la pâte à découper pour schématiser. Les emporte-pièces que l’on frappe au maillet sont souvent pour des petites formes, comme les mortaises (le trou pour plier la ceinture et poser l’ardillon de la boucle), les pointes de ceinture, les bracelets de montre. Ils sont plus vus comme des outils spéciaux que des emporte-pièces en fait. Les emporte-pièces qu’on utilise à la presse sont plus grands, comme des moules (oui j’aime aussi cuisiner d’où mes références culinaires), pour découper des porte-cartes, côtés de sacs, ou des rabats par exemple.

undefined undefined undefined (sources photos : les 2 premières viennent d’Amazon, et la dernière, de l’entreprise adaptee, qui emploie des travailleurs handicapés dans le secteur de la découpe de pièces, de la logistique et du conditionnement)

Il existe bien évidemment d’autres types d’emporte-pièces,  et de diverses matières. Si le sujet vous intéresse, je vous invite à vous rapprocher de fabricants d’emporte-pièces, comme Les Emporte-Pièces du Marais à Paris. Selon vos besoins ils vous fabriquent l’emporte-pièce adéquat, à partir de vos dessins, gabarits etc. Et ils pourront vous en dire plus que moi à ce sujet.

Les coupes que j’appelle technologiques

Il s’agit ici de coupe numérique. On part de notre gabarit créé sur l’ordinateur, à l’aide de logiciels comme Adobe Illustrator, ou plus adapté à la maroquinerie, Mozart par exemple. On envoie le dessin vers la machine et il n’y a plus qu’à attendre la fin de la découpe.

La machine peut être à découpe laser ou à lame vibrante.

Ces machines sont bien sûre onéreuses mais tendent à se développer pour les particuliers ou petites entreprises. Elles offrent un gain de temps non négligeable, une découpe précise, et surtout, on peut modifier à souhait son gabarit sans le perdre puisqu’on l’enregistre sur notre ordinateur. On peut être hyper réactif à la demande, et pour tester son prototype, c’est loin d’être négligeable.

Comme je le disais, les machines lasers sont assez chères, mais il est possible d’en utiliser dans des fab-labs ou des ateliers de locations.  Je sais qu’il existe des petites machines lasers sur les plateformes chinoises d’achat, mais je ne sais pas trop ce qu’elles valent, et je me dis que quite à m’acheter une machine laser, j’aimerais une machine qui me permette de découper d’assez grandes formes pour faire des sacs, et pas que de la petite maroquinerie. Donc à suivre pour l’usage de ces machines.

Et sinon, il y a les machines à lame vibrante, qui reçoivent le gabarit à partir de l’ordinateur également.  Et là, il existe un marché pour les particuliers ou les petits artisans :  les petites imprimantes de loisir créatif, comme la Silhouette Caméo ou la Brother Cricut. Au départ pour le scrapbooking, elles s’adaptent parfaitement à la découpe de cuirs fins. On en est encore aux balbutiements de ces méthodes de découpe mais je pense qu’on va vers un bon développement de ces machines dans un avenir proche tellement les avantages sont nombreux.

Ellen Valentine de Leatherwork School a testé la Brother Cricut dans cette vidéo https://youtu.be/Cdnkkfc5ThU C’est en anglais, mais la vidéo est assez parlante pour ne pas avoir besoin de comprendre ce qu’elle dit.

Si on reste dans le domaine du loisir créatif, j’aurais pu vous parler des mini-presses à découper comme la Big Shot de Sizzix, ou la Accuquilt. Elles sont relativement abordables et pour avoir la Big shot, je peux vous dire qu’elles découpent bien le cuir fin. Mais c’est plus pour des petites pièces de décoration, des petits accessoires, et on est limité dans la créativité car on ne peut pas créer ses propres emporte-pièces, il faut les acheter auprès des marques respectives. On peut être ingénieux en se servant des divers moules fournis pour faire des assemblages, mais ça n’apporte peut-être pas de gain de temps au final. Sara Lawson de Sew Sweetness a fait un partenariat avec Sizzix et a donc créé des emporte-pièces pour ses patrons de trousses et porte-monnaie. Mais c’est plus axé sac cousu que maroquinerie.

Vous l’aurez donc constaté : la découpe du cuir valait bien un post à elle seule tant il y a à dire. Et pourtant, j’ai essayé de simplifier au maximum et de ne pas trop rentrer dans les détails. Il faut retenir qu’il faut s’équiper selon les matières à découper, et surtout s’entraîner pour acquérir la dextérité nécessaire, que ce soit en coupe manuelle qu’en coupe numérique. D’un côté, la main doit acquérir le bon geste, d’un autre, on doit s’approprier les logiciels. Comme pour tout, c’est une question de pratique.

Pour finir, je voudrais ajouter que je vous décris là ce que j’ai appris en France, en maroquinerie française haut de gamme. Vous trouverez sûrement des images ou vidéos où le maroquinier découpe avec d’autres outils, comme le couteau à parer par exemple. C’est une façon de faire. Il faut de toutes les façons prendre en compte que la maroquinerie a des apports de divers travaux du cuir, comme la sellerie ou la bourrellerie. Il n’y a donc pas une seule façon de faire, et différents termes peuvent désigner un même procédé. Le sujet est vaste et passionnant. Mais je vais m’arrêter là sous peine de vous perdre mdr.

La semaine prochaine je vous parlerai de refente, parage et astiquage. A bientôt.

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